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Chapitre VII : L’enlèvement

CHAPITRE VII : L’ENLEVEMENT

Le temps était vraiment capricieux. A une heure du matin, Le Mans était plongé dans l’obscurité. Arthur était encore choqué de ce qu’il était arrivé, il ressassait encore la journée pour savoir comment un corps sans vie pouvait s’être retrouvé dans le grenier. Son inquiétude l’empêchait de dormir. Pourvu que Devo aille bien, pensa-t-il, d’autant plus qu’il avait curieusement décidé de ne pas être hébergé au même endroit que lui. Arthur logeait de son côté chez son père dans un petit appartement à peine salubre dans le quartier des Feuillets. Ce dernier faisait comme il pouvait pour enfin éponger ses dernières dettes, mais son appartement reflétait encore la condition de misère dans laquelle il s’était plongé en conséquence.

Son père dormait profondément, mais Arthur n’y parvenait pas. Il fixait les fenêtres de la cité d’en face, par l’une des rares fenêtres de l’appartement, écoutant avec nostalgie l’averse qui s’abattait alors sur la ville. Ses derniers souvenirs traumatiques de Paris ressurgissaient alors. Cette dernière était encore très active à cette heure de la nuit. Le Mans, en comparaison, est complètement désert : on n’y trouve strictement personne passé cette heure. Seul le vent violent s’écrasait sur les façades et les arbres.

Il fallait tout reprendre, récapituler les évènements d’aujourd’hui pour en comprendre la logique. C’était manifestement un trait de caractère d’Arthur, transmis par ailleurs à Devo. Cela était nécessaire pour se rassurer. En pleine réflexion, il fut surpris par un bruit strident, comme un outil électrique taillant dans le bois. Un coup de pied dans la porte se fit alors entendre, faisant accourir Devo dans l’entrée.

« Êtes-vous Arthur Cagoulac ? »

Un homme en uniforme venait de s’adresser à lui sèchement. Son costume entièrement kaki composé d’une casquette, d’une chemise à col avec une poche sur le côté de gauche, d’où dépassait des post-it, d’un pantalon légètement trop grand et de chaussures de villes à semelles très épaisses ; tout cela détonait avec son visage de forme quelque peu triangulaire, fin et allongé. Arthur se pétrifia. Etait-ce un cambrioleur ? Probablement pas, pas quand un homme entre par effraction le même jour où l’on a retrouvé un cadavre chez soi ! Sa panique l’empêcha d’aller réveiller son père.

« Monsieur, je vous le répète. Êtes-vous Arthur Cagoulac ? »

Arthur était comme pétrifié. Il craignait fortement pour fils, qui avait sans doute leur seul crime d’être Xenadag.

- Qu’… Qu’est-ce que vous faites à entrer comme ça ? »
- Ca suffit maintenant ! Montrez-moi vos papiers maintenant, lui coupa violemment le policier.
- Pas la peine… Je suis bien l’homme que vous cherchez…

L’homme esquissa un léger sourire empli de vice et exécuta un curieux mouvement de doigt.

- Bien… M. Cagoulac, vous êtes en état d’arrestation.
- En… état… qu’est-ce que j’ai fait bon sang !
- Qu’avez-vous fait ? Je n’aime pas qu’on se foute de ma gueule ! Vous avez participé à plusieurs actes terroristes dans tout le pays ! Maintenant, vous allez me suivre bien gentiment.

Arthur se mit à regarder tout autour de lui, dans un mouvement instinctif de panique. Il s’immobilisa net en apercevant plusieurs hommes entrer dans l’appartement. Et dire que son père n’avait rien entendu… Il avait vraiment le sommeil lourd. Le policier se retourna vers les autres, portant exactement la même tenue.

- Messieurs, passez-lui les menottes. Et suivez-moi dans la voiture.

Tout le monde sortit en trombe, ne laissant pas Arthur verrouiller la porte. Ce dernier fut jeté dans la voiture avec une violence digne de la police du régime. Pendant ce temps, la porte de la chambre du père d’Arthur s’ouvrit avec un grincement insupportable à l’oreille. Il avait accouru par le vacarme de ce qu’il s’était passé dans le salon. Dans la précipitation, la porte n’avait pas encore été fermée et restait quelque peu entrouverte, ce qui attira tout de suite son regard. Le vieil homme se précipita sur l’interrupteur et alluma la lumière. Il s’avançait prudemment dans le couloir menant aux autres pièces, craignant qu’un voleur se trouve encore dans la maison. Il eut alors le réflexe d’aller dans la chambre de son fils. Puis passé la porte…

- Arthur !! Arthur !! Réponds-moi !! , appela-t-il sans aucune réponse.

Personne ne se manifesta. Il fouilla toute la maison, évidemment en vain.

- Mon dieu… il a… disparu…

Il s’écroula sur le plancher…

** Un quart d’heure plus tard **

La voiture volait à travers les immeubles, bien qu’à cette heure de la nuit les routes étaient complètement désertes. Arthur était assis sur la banquette arrière et observait aux alentours pour comprendre où il se dirigeait. Il avait un mal fou à garder son sang-froid alors qu’il se trouvait à son tour victime de l’arbitraire du régime actuel. Que lui était-il reproché ? D’avoir un fils non humain mais Xenadag, de l’avoir caché ? A moins que ce dernier ait fait quelque chose d’illégal ? Il n’osait rien dire au policier, ne rien lui demander sur la véritable raison de cette arrestation., d’autant plus que son fils pouvait être potentiellement dans le collimateur des forces de l’ordre lui aussi. Mais si c’était lui, pensa Arthur, qui avait été recherché, son fils n’avait peut-être rien à voir avec tout ça. Le plus mystérieux était le mensonge des policiers. Quel en était l’intérêt ? Ou alors cette arrestation n’avait aucune légitimité du point de vue de la loi ? Ou encore ces hommes étaient des personnes déguiséss en policier qui venaient l’enlever ? Son esprit était littéralement assailli d’interrogations, de mystères en suspens, ce qui l’empêchait de garder son calme.

- Messieurs, où est-ce que vous m’emmenez ? », dit-il d’un voix étouffé, quasiment éteinte.
- Où ?, s’amusa le conducteur. Vous allez être placé en détention dans une prison spéciale, dans les sous-sols du palais présidentiel.
- Mais qu’est-ce que tout ça veut dire ? Je… je veux des explications !
- Ce sont les ordres d’en haut, nous ne sommes pas au courant. Mais votre crime laisse penser que vous êtes une personne dangereuse. Maintenant taisez-vous.
- Répondez-moi sur…
- Ca suffit !, interrompit violemment le policier à côté, qui se retourna alors pour regarder Arthur droit dans les yeux. Je vous conseille de vous tenir tranquille à partir de maintenant, sinon, je ne sais pas ce qui pourrait arriver…

Arthur se raidit sur son siège.

Une demi-heure plus tard, L’Elysée était visible par le fenêtre. La voiture contourna l’immense bâtiment et atterrit dans le jardin. Un homme taillé comme une maison, habillé dans un ensemble costard-cravate, se tenait en face se sept corps allongés, pieds et poings liés.

« Nous descendons ici. »

Le conducteur alla ouvrir la portière arrière-gauche à côté de Arthur et le leva de force par les menottes. Sans un mot, le groupe de policiers alla rejoindre le groupe déjà existant. Le groupe se situait désormais dans un parc très étendu, au milieu de différents arbres. Une fontaine se dressait à côté, certainement nommée « La fontaine du Cirque ». En regardant droit devant se montrait la célèbre salle des fêtes de l’Elysée. La fontaine reposait sur un bassin circulaire montée par un tronc orthogonal, avec sur chaque face une gravure en forme de coquillage. Au dessus siègent des têtes de lions crachant de l’eau. En hauteur se tient un récipient en forme de dôme constamment débordé par l’eau issu d’un jet minuscule tout en haut de la fontaine, retombant ainsi dans le bassin du bas.

Arthur regardait les ornements du palais, à l’autre du bout du chemin, quand une bourrasque le surprit et posa une mèche devant son œil gauche. Au passage il sentit une goutte de pluie, ce qui l’incita à lever la tête et à regarder si le temps se couvrait. Mais non, c’était la nuit noire… La météorologie illustrait son anxiété grandissante de ce qui allait lui arriver. Il aperçut estomaqué que tous les policiers présents repartirent avec la voiture et laquelle ils étaient venus, et s’envolèrent vers d’autres lieux, confiant ainsi huit personnes – mêmes menacés – à un seul homme.

«  Veuillez me suivre maintenant ».

L’homme passa sa main dans ses cheveux noirs coupés court en semblant réfléchir à quelque chose. Il posa alors curieusement sa main sur le rebord. Un homme, menotté tout comme Arthur, fit deux pas décidés vers le meneur. Il portait un vieux pull-over rouge avec un rectangle blanc au milieu accompagné d’un pantalon noir tâché et déchiré aux extrémités des jambes. Ses cheveux longs hirsutes prolongés par une barbe d’une semaine terminait le portrait d’un personnage négligée voire marginal.

- Et si on refuse, qu’est-ce qu’il se passe ?
- Je vous le déconseille fortement.

Un sentiment de forte pression s’empara soudainement de l’endroit où se trouvait tout le groupe. Une aura si puissante, si écrasante… Il n’en avait ressentie de semblable que d’une seule personne… Cette personne était Devo ! Il ne put s’empêcher de cracher le morceau :

« Je le sens, vous êtes un Xenadag ! »

Le sol commença à trembler et la fontaine se déplaça littéralement, laissant apparaître une porte en métal !

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Chapitre VI : Intraçable

CHAPITRE VI : INTRACABLE

30 juin 2006

Julien, à peine relevé, après avoir perdu l’équilibre sur toute la largeur du salon, prit le premier plateau à portée de main, étrangement posé sur un buffet collant l’accourdoir droit du canapé, et y déposa les deux tasses vides. Devo ne put s’empêcher de précipiter vers son ami bien que ce ne fut habituellement pas dans ses habitudes.

- Avec tout ça, je ne t’ai pas demandé quels ont été les résultats du bac ?

Devo ne répondit pas, fixant plutôt le tapis d’un rouge très vif. Julien s’avança vers lui et mis sa tête au niveau de la sienne.

- Devo… Ne t’inquiète pas, je vais bien, assura-t-il avec un ton enfantin.
- Tu devrais consulter un médecin, répondit sèchement Devo.
- D’accord, j’y tâcherai,lança Julien sans réfléchir.

Mais le tout jeune bachelier était complètement absent. Il venait plutôt de se rendre compte qu’il était l’heure de dormir, et en ce moment, la probabilité de refaire ce même rêve était plus élevé. Il revenait plus fréquemment. Pendant ce temps, Julien se rendit dans la cuisine avec la plateau et commença à faire la vaisselle. Sa main tremblante lâcha soudaine l’anse d’une tasse.
La situation était tendue. Mais vraiment, songea-t-il, personne n’a à connaître la vérité sur la tragédie de Paris !

Revenu dans le salon, Julien continua la conversation avec Devo, se remettant petit à petit de ses esprits. Les deux hommes parlaient surtout de Devo, son baccalauréat obtenu haut la main, ses futures études et son projet professionnel. Il sentait pleinement cet impression de détachement du monde extérieur, alors qu’il y était pourtant intégré, et ceci justement à cause de la marque d’intraçabilité qui le liait alors à Devo. Epuisé par ce qui lui était arrivé, Julien proposa alors à Devo de se coucher.
- Il est bientôt minuit et je me suis levé tôt aujourd’hui. Demain, il faudra être frais à notre réunion extraordinaire.
- Euh… Julien… Un ami à toi m’a contacté aujourd’hui car il avait oublié quelque chose dans le grenier. Tu vois qui c’est ?, lança Devo, laissant transparaître une certaine anxiété.
- Laisse-moi réfléchir… Non, je ne vois pas du tout…

*** 1er juillet 2206 ***

Harper parcourut une dernière fois ses mails après avoir étudié le dossier de Devo Cagoulac. Le soir commençait à tomber. Il fallait agir au plus vite pour réussir dans les délais presque impossible du nouveau président Leito Facia, qui semblait surtout gagné par l’impatience. Harper se demanda par quel prétexte. Il téléphona alors à Facia pour lui rapporter ses recherches.

- Ici Monsieur Leito Facia. Qui m’appelle ?
- Dominique Harper. J’ai les infos que vous m’avez demandé.

Harper commence à faire un compte-rendu détaillé des capacités de Devo. Ce dernier comprit alors que la tâche s’avèrerait difficile, quelque soit les Xenadags chargés de la mission.

- Vous savez, M. Harper. Les Xenadags ont des pouvoirs surnaturels qui rendent les humains isolés très vulnérables. C’est d’autant plus vrai pour M. Cagoulac au vu de ce que vous me dites. Mais nous ne sommes pas « des hommes isolés ». Nous sommes un gouvernement avec un appareil militaire et une capacité technologique hors du commun, fruit d’une évolution durant des siècles et des siècles.
- Mais je vous fais tout à fait confiance, répondit Harper en esquissant un sourire.
- Vous n’avez rien d’autre à me dire, M. Harper ?

Bien sûr que si. La DCRI l’a, comme prévu, informé de la disparition complète de Devo Cagoulac sur tous les appareils de localisation.Il fallait le dire à Facia car il ne servait à rien de le cacher. De plus, il était probable que le président se soit en personne renseigné de son côté, la confiance envers Harper ne pouvant être totale au vu du labs de temps très court durant lequel ils ont travaillé ensemble.

- En effet… A vrai dire, depuis quelques minutes Devo est intraçable.
- Eh oui, je viens d’en être informé d’urgence par le SLC (service de localisation des citoyens) de la DCRI. Cela est vraiment compromettant pour notre mission… Nos moyens pour localiser vingt-heures sur vingt-quatre chaque ressortissant du pays avaient pourtant démontrés leur infaillibilité et leur totale discrétion…
- Monsieur Facia, je suis vraiment désolé…

Et voilà, pensait Harper. Contrairement à ce que tu affirmais avec tant d’assurance, il est des Xenadags contre qui aucun état, aucune organisation internationale ne peut faire quelque chose. A présent, Devo est officiellement dans notre monde, mais officieusement, il est dans une dimension parallèle complètement inatteignable. Et sans doute pour un certain temps ! Harper relança la conversation.

- Alors vous allez repousser l’opération le temps de retrouver sa trace ?
- Certainement pas… Je vais me débrouiller autrement. A présent, je vais pouvoir me passer de vos services. Merci quand même pour votre aide.

Harper reposa le téléphone délicatement, impatient de voir ce que comptait faire Facia maintenant. Il le ressortit de sa poche ce qui laissa tout son corps envahi par un frisson.

- Allo ? Ici Dominique Harper.
- Ici A. Je vous écoute.
- Le plan marche comme étaient vos prédictions. Les renseignement généraux ont apparemment perdu toute trace de Devo. Cependant, le président a affirmé vouloir tenter autre chose.

- Tenter autre chose… Vous avez une idée, Harper ?
- Eh bien laissez-moi réfléchir…, murmura Harper en attendant sagement l’idée de A.

Mais une piste d’idée lui survint.

- Si Facia veut tenter quelque chose ce soir-même, c’est-à-dire à la date prévue, il n’espère jamais retrouver la trace de Devo. Celà est particulièrement inquiétant car cela peut vouloir dire qu’il soupçonne une intervention extérieure… Etant donné qu’un nombre restreint de personne au gouvernement était au courant de l’opération, suis-je sur la selette ?
- Non non, vous tirez des conclusions trop hâtives. Cela peut également vouloir dire qu’il n’a pas le temps d’attendre. S’il ne peut atteindre Devo, il peut décider de l’attirer vers lui. Ce qui me gêne est que je ne l’ai pas prévu d’avance…

A réfléchit un instant. Il y a une multitude de pistes possibles, alors il faut se concentrer sur les plus probables, se résolut-il. Si seulement Facia avait dit à Harper ce qu’il comptait faire ! Apparemment, ce dernier reste méfiant avec ce nouveau conseiller, qui avait pourtant fait ses preuves avec son propre père, le précédent président.Ce dernier se frotta les pieds l’un contre l’autre et massait les accoudoirs de son fauteuil noir. Je vais recourir à quelqu’un d’autre et lui expliquer mon plan.

- J’ai le regret de vous dire que nous sommes impuissants… pour le moment. J’envoie des hommes autour de la maison de M. Biafora histoire de sécuriser le lieu. Au revoir, M. Harper.

A sourit et se leva vers la grande fenêtre. Il fixait la pleine lune au loin, et la verdure qui s’étendait infiniment autour du château. Comme toujours, le château siégeait au milieu de terres où il n’y avait pas un chat.

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Chapitre V : Tout tient à un fil

CHAPITRE V : TOUT TIENT A UN FIL

Devo commençait à céder la panique, ainsi la personne « au bout du fil » commença à faire mine de s’inquiéter.
- J’ai entendu un cri… Tout va bien ?
- Hein ? Euh … Oui, tenta de formuler Devo complètement retourné.
- Elle est belle hein… Plus belle en tant que cadavre, lança la mystérieuse personne.
- Hein ? Que… que dites-vous ? Je vous rappelle…

Devo était doublement horrifié. Un cadavre était étendu dans le cagibi de son grenier et son interlocuteur ironisait sur la beauté de cette jeune femme morte. Le soi-disant ami de Julien était-il le meurtrier ? Le jeune garçon complètement vidé se laissait tomber à côté de la femme. Serait-il soupçonné du meurtre selon le fait que le cadavre se trouvait dans son grenier ? Autant de questions futiles, absurdes ou graves assaillaient son esprit. Qu’importe, il fallait appeler la police.

Quelques instants plus tard, une équipe fut envoyée sur les lieux du crime, attendue anxieusement par Devo qui avait reçu l’ordre de quitter la maison, le temps des premiers constatations des enquêteurs. Lorsqu’il descendit les escaliers, il aperçut par la fenêtre les voitures blanches se grouper autour de la maison : apparemment, tout le monde était sur le coup, bien que la police n’eut même pas encore constaté le crime. Les hommes se pressèrent à l’intérieur alors que Devo les regardait par la fenêtre. L’inspection du rez-de-chaussée de la maison semblait quasiment bâclée. Quelques photographies uniquement, aucun relevé des indices. Ils n’avaient sans doute rien trouvé. Finalement, Devo fut sollicité pour conduire les policiers sur la scène du crime. Il entendait les hommes s’agiter et discuter vivement.

- Finalement, nous allons uniquement sécuriser le grenier, dit l’un d’entre eux.
- Monsieur, je vais vous demander de ne pas rentrer dans le grenier.

Devo n’eut pas le temps de répondre que son interlocuteur commença à lui poser des questions sur sa découverte du corps. Pendant ce temps, les techniciens s’activaient à exploiter la scène de crime. Plusieurs d’entre eux photographièrent minutieusement chaque recoin de la pièce, posant délicatement leur plante de pieds de peur de détruire un indice. Devo ne put s’empêcher de faire une remarque…

- Normalement, dans un crime commis en intérieur, on sécurise tout le bâtiment et on fait des prises de vue également à l’extérieur…
- Laissez, laissez faire et répondez, cela suffira amplement, répondit sèchement le policier, semblant agacé par cette ingérence dans le déroulement de l’enquête.

Quelques temps plus tard, Devo avait tout dit, alors que les techniciens commençaient à entourer le cadavre et quelques flaques de sang à la craie, avant de poser une barre millimétrée sur chacun des éléments et les photographier. Le jeune homme reçut alors l’ordre de sortir de la maison, qui allait être entièrement sécurisée. Très drôle, pensait-il ! Une vague impression qu’il avait donné l’idée… Mais selon les discussions, cela allait durer toute la nuit. Il refusa l’offre de logement temporaire de la police. Il était intrigué par l’évocation de Julien par le mystérieux interlocuteur, une connaissance avec qui il a tendance à se rapprocher au sein de l’URF. Il préféra ne pas en informer le policier, à qui il dut raconter ce qui s’était passé pendant les quelques minutes avant la découverte du corps. Devo empoigna son téléphone et diffusa l’hologramme de Julien à travers la pièce.

- Allô ? Julien ? Bonjour ! Ca faisait un bail…

La silhouette numérisée s’agita soudainement.

- Oh ! Devo ! Tu exagères ! A peine quelques jours… Et donc, tu prends des nouvelles ?
- En réalité, j’aurai un petit service à te demander.
- Fais donc, fais donc ! Tu as besoin de quelque chose.

Devo se mit à ronger l’ongle de son majeur droit.

- J’ai un dégât des eaux chez moi… Est-ce possible que je me pose chez toi, juste cette nuit ? Ensuite, j’arriverai à me débrouiller…
- Aucun souci, reste le temps que tu veux ! Tu veux que je vienne te chercher ?
- Non, je ne vais pas abuser de ton hospitalité…
- Bon bah… à la revoyure ! Mais j’y pense, félicitations pour le bac ! Avec mention très bien, monsieur ! C’est l’occasion de fêter ça avec des amis non ?

Discuter avec Julien pour obtenir des informations serait difficile avec plein de monde aux alentours.

- Euh… Tu sais, moi tes amis, je ne les connais pas vraiment… On pourrait se rencontrer une autre fois…
- C’est entendu, t’inquiètes pas… Si tu veux fêter ça à deux, on fait comme ça. Allez à bientôt.

Julien raccrocha le premier. Il n’était pas nécessaire de suivre le plan de A, pensa-t-il avec soulagement : Devo avait fait le lien entre le coup de fil du soi-disant ami de Julien et celui du meutrier. C’était donc naturellement chez ce dernier qu’il viendrait pour avoir des éclaircissements. Devo demanda à accéder à sa maison pour préparer des affaires, ce qui lui fut accordé, à condition qu’il soit accompagné et respecte les cordons de sécurité mis dans différentes pièces, dont leurs emplacements lui semblait inexplicable. Devo rassembla rapidement quelques affaires et fuya la maison, sous l’empressement des enquêteurs sur place.

** Une heure plus tard…** 

Devo appuya sur la sonette, anxieux de dormir chez Julien. Ce dernier accourut à la porte et l’ouvrit d’un coup soudain. Il esquissa son meilleur sourire.

- Devo !, s’exclama-t-il en lui faisant la bise.
- Salut, merci de m’héberger.
- Mais tu sais que c’est quand tu veux.

Julien accompagna Devo dans le salon et posa ses affaires dans un coin de la pièce. La décoration de cette dernière était magnifique : elle était divisée en deux par des colonnes de perles posées sur des fils pendants, tandis que le papier peints alternaient les couleurs blanches puis plus chaudes. Le mobilier était très moderne ; les fauteuils exactement sphériques, le canapé blanc cassé croulant sous les coussins multicolores. Le minuscule tapis gisant au milieu de la pièce était assurément fait en peau d’animal. Les deux hommes commencèrent à peine à s’asseoir que Julien proposa un thé à son invité, qui l’accepta simplement.

Julien fixa longuement la tasse de thé. Sa main tremblait en y glissant une ficelle invisible, suivant ainsi l’ordre de son maître. L’opération était sans aucun doute très dangereuse, du moins il en était persuadé malgré l’assurance de A. Il alla alors servir son hôte le plus naturellement possible : sa main droite tenait l’anse tandis que la gauche pinçait l’extrémité du fil. Julien était alors perplexe sur la réussite de la mission. Administrer la marque grâce à un thé semblait contenir une bonne probabilité d’échec, mais c’était de toute manière à essayer : il fallait agir le plus tôt possible.

- Voilà !
- Merci.

Devo restait les yeux grands ouverts, observant son reflet déformé dans la tasse blanc cassé. Son regard montrait un mélange de profonde réflexion et d’angoisse.

- Il y a quelque chose qui ne va pas…, improvisa Julien.
- Non non, rien de spécial.

Devo plongea ses lèvres dans son thé et en but deux gorgées. Il reposa sa tasse sous l’oeil inquiet de Julien qui serrait désormais la ficelle de toute sa force.

- Devo… Je sens que quelque chose ne va pas…
- C’est rien… J’espère juste que je vais pouvoir rentrer chez moi bientôt…
- Et ton père, il est où ? Renchérit Julien, curieux de savoir comment Devo allait s’en sortir.
- Il avait prévu de partir en vacances, moi j’avais des choses de prévu à faire ici.

Julien serra ses deux mains et les mit devant son visage, en se mettant à réfléchir. En effet, si le père de Devo venait à ne pas dormir chez lui cette nuit, cela serait plutôt regrettable…

- Ah oui, et il s’en va où ?

Devo reprit du thé ; soudainement Julien reprit peur. Son pouce et son index droit, en contact avec la ficelle commença à picoter jusqu’à sérieusement se crisper. Le processus étant en train de commencer ! Julien commençait à avoir la nausée. Il fit signe de rester assis et se rua vers les toilettes. Dans sa course, il fut soudainement pris d’une grosse bouffée de chaleur. Après quelques vomissements dans le couloir, il eut alors d’affreux vertiges. Devo courut voir alors ce qu’il se passe et vit Julien tituber…

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Chapitre IV : Le plan

CHAPITRE IV : LE PLAN

- J’ai une annonce important à vous faire, A.
- Notre cher Leito s’apprête à contacter Devo ?, répondit A sans hésitation.
- Vous êtes au courant, dit Harper frappé par la surprise…

A ria légèrement.

- Votre rôle est-il autre que de surveiller les dangers des rescapés ? Ca sera tout.

Harper ressentait autant la peur que l’excitation. Personne ne s’opposera à la destruction de l’ordre établi ! pensait-il sans cesse. Après ces émotions, la fatigue le gagnant, sa maison l’attendait sagement.

*

Un homme à la peau décharnée sinon grisâtre passait sa main sur tout ce qui était sa portée. A réfléchissait à la suite des évènements en admirant la nouvelle lune. Il était malade et profondément fatigué, certainement pas prêt à intervenir dans un combat qui se montrait de plus en plus menaçant. Devo et Leito étaient des forces ennemies considérables dans la situation déplorable actuelle de A. Pourtant si minuscules en des circonstances normales… Minuscules ! Mais qui était celui qui avait fait subvenir ce problème si peu redouté à ce moment-là !

A désigna quatre points dans l’espace. Un écran rectangulaire flottant dans le vide se dessina. La tête d’un jeune homme naturellement brun , aux yeux pourtant d’un bleu si perçant, apparut soudainement. Il semblait à la fois surpris et anxieux de s’adresser aussi directement au Guide.

- Facia s’est enfin décidé à bouger. Ca vient de Dominique Harper.
- Maintenant ?, cria l’homme, abasourdi. Mais vu votre état, on va faire comment pour les séparer ?
- Vous vous affolez inutilement. Ecoutez-moi bien. Allez-vous revoir Devo Cagoulac bientôt ?
- Normalement lors du discours de Facia.
- Trop tard, s’agaça A. On ne sait pas quand le gouvernement va agir.
- Je peux le revoir demain même, reprit son interlocuteur pour calmer A le mieux possible.
- Bien. La Congrégation de l’Organiste va envoyer un message de menace à Devo. Demain vous vous verrez. Vous pouvez même juste l’appeler en prétextant vouloir de ses nouvelles. Dès lors il y a deux possibilités. Ou bien il vous avouera de lui-même avoir reçu des menaces, ou bien il vous le cachera. Mais aussi fort qu’il puisse être, il ne pourra vous cacher une légère anxiété. Vous allez ainsi discrètement le cuisiner et il ne mettra pas de temps à vous avouer son problème.
- Vous pouvez compter sur moi, répondit l’homme pour rassurer A qui semblait quelque peu anxieux.
- Vous prétextez cette menace pour le protéger, en l’hébergeant chez vous par exemple ! Ensuite, vous en profitez pour appliquer une marque d’intraçabilité qu’un scientifique de la congrégation a conçue, qui vous expliquera comment faire. Rassurez-vous, ce n’est pas bien compliqué, et cela sera bien utile face au gouvernement qui mettra tous ses Xenadags à disposition pour le localiser ! Ils sont pas fous, les Xenadags ils les haïssent mais ils en ont en stock !
- Jamais Leito ne touchera à Devo, vous pouvez comptez sur moi.

L’écran s’éteignit aussi vite qu’il s’était allumé. A se lova dans son fauteuil et fixa la nouvelle lune. De ses yeux célestes, il parvenait à voir que le danger les amènerait à l’accomplissement final. Feu sur la Tragédie de Paris !

***

29 juin 2206

Le lendemain matin, le soleil à peine levé, Devo s’étira longuement dans son lit. Il se leva pour ouvrir les volets, mais à peine il commença à le faire qu’il décida instinctivement de les refermer au vu de la trop grande clarté que la lumière apportait. Pourtant, le jour commençait à peine. Le jeune garçon se rendit dans la cuisine tel un zombie, le portable à la main.

Il ne pouvait s’empêcher de repenser au visage de Rudolf Facia qui l’avait temps fait frémir. Oui, cette nuit encore, il avait encore rêvé de la scène traumatique où apparaissait le visage horrifié dont il avait vérifié l’identité sur Internet. Mais quand allait-il en finir ? Sûrement quand le secret de cette scène, qui signifiait forcément quelque chose, allait être découvert. La prochaine fois, Devo écrirait tout les détails de la scène dont il se rappellerait pour avoir ensuite l’espoir de l’identifier ou l’associer à quelque chose de réel.

Son portable gisait sur le parquet de la salle à manger, ce qui le surprit car rien ne pouvait le faire douter qu’il l’avait posé la veille sur la table à l’autre bout de la pièce. La chaise inconfortable grinça alors que l’adolescent s’étala dessus, encore à moitié plongé dans sa torpeur. Le calme de la maison fut rapidement brisé par la sonnerie de l’objet qui avait inexplicablement traversé la pièce durant la nuit. Devo ne se pressa guère pour prendre l’appel, les yeux presque encore fermés.
- Devo Cagoulac. Allô ?
- Bonjour, monsieur. Je vous appelle en tant qu’ami de Julien Biafora. Il pense avoir oublié quelque chose dans le grenier jeudi dernier quand il est venu, répondit l’interlocuteur.
- Julien ne peut pas venir lui-même chercher ce qu’il a oublié ?, s’interrogeait Devo.
- En fait, bien sûr qu’il compte venir lui-même, mais il n’est pas sûr d’avoir oublié ses affaires chez nous et il ne voudrait pas venir pour rien, d’autant qu’il habite assez loin de chez vous. Mais il craint de les avoir perdu au grenier.
- Bien, je vais monter, je vous demande d’attendre car c’est mal fichu chez moi le grenier.
- Merci beaucoup, je reste sur l’appel.

Devo soupira un coup et alla chercher les clés de l’ascenceur. Bien évidemment, son père les avait encore déplacées, et il ne pouvait pas lui demander où car il était parti en voyage seul pour quelques jours en Normandie. Ne les ayant pas trouvées dans le tiroir habituel, Devo redemanda à son interlocuteur de patienter et fouilla les tiroirs de la salle à manger. Evidemment, il mit un temps fou à se rappeler les avoir posées juste à coté du portable. Il alla ainsi les chercher. Ceci fait, le parcours du combattant n’était pas fini, car après avoir rentré la clé dans la serrure pour appeler l’ascenceur, celui-ci mettait un temps fou pour venir. En attendant, Devo s’excusait de faire patienter autant l’auteur de l’appel, qui le rassurait en lui certifiant qu’il avait tout son temps. Miraculeusement, cet ascenceur complètement détraqué ne fit cette fois pas des siennes et amena Devo au grenier. De toute manière, celui-là avait la fâcheuse tendance d’emmener plus haut que prévu, or le grenier était le point culminant de la maison.

Mais il restait cette maudite porte, au bout du petit couloir, qui ne rentrait plus dans le cadre. Elle était responsable d’accès de colère soudains d’Arthur qui pour satisfaire ses troubles compulsifs s’efforçait de la fermer alors que c’était inutile. Bonjour la galère pour l’ouvrir, pensa Devo en soupirant, tout en parlant à son interlocuteur de ses difficultés et en s’excusant encore. Lorsque le jeune garçon entra, ce fut la stupeur. Les factures et autres papiers importants étaient étalés sur le sol. Devo craignait qu’un voleur soit passé par là, mais ne connaissant pas vraiment ce qui était entreposé dans le grenier, il ne put vérifier ce qu’aurait pu prendre le présumé voleur.

- Puis-je vous demander ce que vous avez oublié ?
- Un chapeau et un paquet de mouchoirs, j’ai du les poser au fond.

Devo s’enfonça alors dans le grenier. Une petite porte jaune d’un cagibi à peine ouverte laissait dépasser… une jambe ? Devo trouvait étrange qu’une poupée de cette taille soit ici. Il décida alors de s’approcher tout en prévenant son interlocuteur qu’il cherchait un chapeau et un mouchoir. Devo ouvrit la porte et alluma la lumière.

Un cri d’horreur traversa tout le grenier. Rien d’autre qu’un cadavre d’une jeune femme brune, de corpulence moyenne, était étendu sur le sol du placard, couvert de sang… Un rire nerveux échappa alors à la personne au bout du fil…

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Chapitre III : Dominique Harper

CHAPITRE III : DOMINIQUE HARPER

28 juin 2206

Dominique Harper faisait frénétiquement des allers-retours sur l’anse de sa tasse de café avec son majeur droit. Ce quinquagénaire aux cheveux par endroits grisonnants avait mis son beau costume, mais cette fois il décida de faire l’affront de ne pas mettre de cravate. Histoire de montrer qu’il ne se satisferait pas de sitôt du changement de collaborateur : c’était ses méthodes et cela l’amusait. Il estimait avoir le droit de se poser dans une salle luxueuse de l’Elysée, autrefois appelé « Salle Pompadour ». Des ornements dorés couvraient les murs blancs cassés. Harper fixait un tableau de femme nue, au-dessus d’une porte à droite d’un grand miroir au cadre très orné lui aussi. Son visage triangulaire se crispait en y exagérant les nombreuses rides déjà présentes au fur et à mesure de l’attente. Il venait ici pour apaiser son esprit suite au stress généré par la transmission de pouvoir, autant dire que c’était moyennement efficace.

Leito Facia n’aimait pas faire la différence entre un homme proche des présidents Facia et le reste du personnel présidentiel, y compris sur le plan des droits de circulation dans le palais. Dominique, lui, s’en fichait bien à présent. Leito était sans aucun doute bien trop jeune pour prendre la tête d’un pays pareil, gérer une diplomatie qui risquait de se complexifier dans les mois à venir, gérer les conflits claniques au sein même du pouvoir, et que savait-il encore. Harper réflechissait au moyen de s’imposer en tant que régent du pays.

Cela ferait-il avancer les glorieux projets du Guide ?
Il fallait néanmoins retourner voir le nouveau président, au moins histoire de l’épauler inutilement, de faire figuration, de passer du temps avec lui et de gagner sa confiance. Harper se dressa lentement sur ses jambes fatiguées à ne rien faire. Il était assurément convaincu que Leito ne savait pas vraiment où il comptait mener le bateau France, malgré l’annonce d’un discours la veille. Le pouvoir semblait heureusement calme par sa stabilité. Aucune agitation de révolte semblait se profiler, mais ça c’était bien tôt pour le dire !

Harper se leva avec difficulté et bailla en grimaçant affreusement. Il eut à peine le temps d’ouvrir la grande porte qu’un homme du personnel se figea vers lui.

- M. Harper, M. Facia demande à vous voir le plus rapidement possible.

Harper était assez étonné, en effet cette annonce arriva soudainement et il fut incapable de deviner la raison de son appel. Leito Facia se décidait enfin à faire quelque chose, mais cela ne démontrait en rien un quelconque esprit d’initiative.

- Merci, je m’y rends de suite.

En fait, Harper était très ennuyé à l’idée de faire quoique ce soit. Il prit son temps avant d’arriver au bureau présidentiel. Celui-ci avait été aménagé par Xilan Facia. C’était donc une pièce moderne, en totale rupture avec l’architecture de l’Elysée. Au départ il n’y avait qu’une pièce, et une cloison avait divisé la pièce en deux parties inégales. La première restait le Salon originel, et le bureau, à l’intérieur très moderne, est le lieu de travail du président.

- Bonjour, M. Harper, siffla Leito en souriant sans forcer.
- Bonjour, Le… M. Facia.

Harper arrivait difficilement à parler de la même manière avec un adolescent de dix-sept ans qu’avec son père. D’autant plus qu’il n’avait aucune affinité particulière avec lui, cela renforçait la contradiction entre un interlocuteur très jeune et un interlocuteur avec qui il fallait être formel.

- Vous pouvez vous asseoir. Je peux vous proposer du thé si vous désirez.
- Volontiers.

Pendant que Leito en préparait, Harper se plongea doucement dans un fauteuil en cuir noir. La photo posé sur la table était très intrigante. Il s’agissait du visage qui ne lui semblait pas inconnu, d’un adolescent qui ressemblait d’une certaine manière à Leito. Mais il n’y prêta guère plus d’attention. Leito déposa délicatement les deux tasses. Harper goûta le thé et le trouva immonde, ce qui n’arrangeait pas son humeur.

- Ce dont je vais vous parler est ultra-confidentiel. Ainsi je recommanderais pour la mission que je veux lancer, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur.
- Vous comprenez bien que les services secrets de l’Etat ne sont pas destinés à être des joujous personnels, s’inquiéta Harper.
- M. Harper, rétorqua Leito agacé, je vous demande de ne pas vous braquer. Je vois bien que mon âge vous gêne quelque peu. Bien, vous voyez cet adolescent sur la photo ? Il est difficile de le croire mais, selon nos indics, c’est un haut cadre de l’URF (Union Resistante Française). C’est également un puissant Xenadag.

Harper fouillait ses souvenirs pour trouver le visage du garçon sur la photo.

- Vous m’écoutez, Harper ?
- Hein ? Oui bien sur, répondit le conseiller qui continuait à chercher à se souvenir.
- Cela fait longtemps qu’on a les informations desquelles on a pu conclure la dangerosité de cet homme. Mais aujourd’hui, on a réussi à savoir où il habitait.

Xilan ne lui avait curieusement jamais parlé de cet adolescent ! Pourquoi lui aurait-il caché une telle affaire ? Ou bien à quoi jouait Leito ? Harper commençait à devenir méfiant au fur et à mesure qu’il réfléchissait à ce que son interlocuteur était en train de lui raconter.

- Dites-moi… Avez-vous une raison particulière de me parler de cette affaire ? Je suis maintenant un intermédiaire – pas très utile convenons-en – entre vous et les ministres ? Serai-je un simple conseiller ?

- Harper, coupa Leito en remuant ses doigts sous la table. Je voulais avoir des conseils sur l’organisation de l’équipe d’intervention.

Harper n’avait aucune information sur les capacités de ce garçon. Comment pouvait-il définir une stratégie d’organisation et le choix des hommes de la mission ?

- Vous mentez.
- Comprenez-moi. Je veux instaurer un climat de confiance pour notre collaboration. Il est sage que vous soyez au courant des affaires de l’Etat. Mais le plus important est que j’aimerais que vous participiez. En tant que Xenadag d’élite…
- Entendu.
- Vous aurez bientôt les informations nécessaires, comme les capacités de la cible.

Leito était surpris d’avoir une réponse aussi franche et en plus positive ! Cependant Harper était toujours plus frustré à l’idée de ne pas se souvenir du visage du garçon. Etait-il raisonnable de questionner un président aux comportements étranges ?

- Je pourrais savoir une dernière chose ? Qui est ce garçon ?
- Il s’appelle Cagoulac Devo. Vous voulez savoir autre chose ?

Harper faillit s’affaler sur l’accoudoir gauche mais réussit à rester impassible. Mais c’était bien sûr ! Leito Facia s’apprêtait à retrouver Devo pour terminer la quête de ses ancêtres. Harper finit sa tasse de thé et se leva.

- Je vais devoir m’en aller. Je dois régler certaines choses suite à la mort de votre père. Vous me recontactez rapidement pour me donner toutes les informations nécessaires pour la mission et je pourrais être disponible quand vous voulez, en pleine nuit même si c’est nécessaire.
- Merci pour le conseil, c’est bien ce que je comptais faire.
- Bonne journée, conclut Harper en refermant la porte sans attendre une réponse.

Il avançait frénétiquement et avec des pas lourds jusqu’à sa chambre. Son téléphone remuait sans cesse entre ses doigts. Agacé, il réussit à composer le numéro correct seulement au bout du troisième essai. Avec la même agitation il attendait son interlocuteur.

- A ?
- En personne.

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Chapitre II : Rudolf Facia

CHAPITRE II : RUDOLF FACIA

27 juin 2206

- Bonjour, bien dormi ?

Les cheveux noirs en bataille comme toujours sortant du lit, les yeux noirs – habituellement perçants – sans aucun éclat et ayant peine à s’ouvrir, Devo Cagoulac se rendit au réfrigérateur pour cherche le beurre. Il était allé saluer son père, Arthur, dans la salle à manger avant de longer la tapisserie verte foncée du couloir, couleur guère agréable à regarder un matin aussi stressant, pour finalement voir son humeur remonter devant les couleurs vives de la cuisine. Devo avait les jambes en coton quand il retourna dans la salle à manger, et sa force l’avait tellement délaissée qu’il pensait ne pas pouvoir tenir ses tartines jusqu’à la salle à manger. Il avait peu dormi cette nuit-là, en effet il s’agissait d’une nuit un peu spéciale.

- J’aimerais venir avec toi si ça ne te dérange pas ? , demande Arthur.
Ne t’inquiète pas, je t’appelle dès que j’ai les résultats.

Devo souria pour chasser l’inquiétude de son père. Il était vrai que les parents étaient généralement plus angoissés que les lycéens eux-mêmes en ce qui concernait le baccalauréat. Devo, lui, était préoccupé par autre chose, en effet ni lui ni aucun de ses camarades ne savaient comment réagir. Dans la cellule parisienne de l’Union Résistante, la mort du dirigeant Xilan Facia avait été apprise seulement la veille, il était fort probable que la télévision au service de la dictature fût muette. Et pourtant, alors que le son de la télévision ait subitement augmenté…

- Et voici… Avant toute chose, une information très spéciale… Notre dirigeant à tous, Xilan Facia, est décédé hier matin. Il s’agirait… d’un cancer foudroyant… du poumon, annonça la présentatrice du journal télévisé n’hésita nullement à adopter un ton larmoyant. C’est un coup terrible pour notre nation. l’oeuvre de notre Leader fut, sur le plan… théorique et… politique, une contribution énorme à la lutte contre tous les périls qui nous menacent… Un cérémonie sera prépare en son honneur à une date qui sera annoncé très prochainement. Nous adressons au peuples français… nos plus sincèes condoléances.

Ils l’ont annoncé, contre tout attente, pensa Devo pendant qu’un marcea triste de violon finalisait l’annonce. Et la raison était sans doute la vraie. Les quelques résistants infiltrés avaient eu connaissance de la maladie de Facia. La suite pour le pays était imprévisible, et Devo semblait très agité par cette question. Les principales forces résistantes étaient décidés à user de l’instabilité politique. Arthur reprit une gorgée de café comme si de rien était.
- Bah, putain, il y a des nouvelles qui réveillent dès le matin.
- Tu penses que ça va changer les choses ? , répondit Devo pour s’inspirer des opinions de l’altérité.
- Facia a un fils, et je suis certains que même avec ton âge il serait assez taré pour prendre le pays en main.
- L’instabilité politique provisoire possible pourrait-elle exploitée par la résistance ?
- Je doute fort qu’il y ait une telle possibilité dans un régime aussi dynastique. Le fils a peut
être déjà le pouvoir…
- Pour nous je pense que rien ne changera…

Le jeune bachelier savait la situation particulière dans laquelle il était. Si les Xenadags sont physiquement indistinctibles des humains, la plupart n’arrivait pas à contrôler les pouvoirs supplémentaires dont il disposait. Si Devo vivait normalement, suivait un système scolaire tout ce qu’il y a de plus classique, pouvait envisager des études de médecine, c’était dû à son contrôle total sur son propre pouvoir. Ce dernier en effet assurait de ne pas se manifester en public ; se fondant dans la masse, le jeune homme vivait comme un humain, au milieu des humains. Et parfois, comme un Xenadag, au milieu des Xenadags, mais à l’abri du régime, et contre lui.

Il s’agissait en fait surtout de savoir quelle serait la politique du successeur, pensa Devo. Car l’espèce à laquelle il appartenait était l’ennemi public n°1 du régime, et des lors il voyait des amis, des camarades, partirent dans ces complexes éloignés… La condition des Xenadags était moins « difficile » s’il on osait le dire cette dernière année. Les rafles étaient moins fréquentes. La présence policière n’était plus que quasi-permanente et les prisons commençaient quelque peu à se vider. Par des massacres bien évidemment. La propagande, elle, était toujours aussi intense, à tous les niveaux de la société. Devo, sorti de ses pensées, voulut soudainement satisfaire sa curiosité.

- Le père de Xilan Facia fut le fondateur de la République actuelle ?
- Oui. T’es même pas au courant ?
- Je voulais juste une confirmation.
- Bien sûr, enfin tu ferais mieux de feuilleter des bouquins d’histoire.
- En y repensant, je ne sais même pas à quoi il ressemble.
- Tu plaisantes ? Tu n’as jamais vu une photo de Rudolf Facia ?

Arthur était très étonné. D’ailleurs Devo également… Mais comment ne pas se souvenir du visage d’un dirigeant aussi récent de la France ? Le jeune lycéen tentait de ressembler ses souvenirs, mais en vain. Aucun cours d’histoire, aucun portrait officiel dans un bâtiment public ou une salle de classe ne lui venait à l’esprit. Pendant une intense réflexion, il avait cette manie de tourner son index droit dans ses cheveux.

Arthur se leva lentement de sa chaise pour aller prendre un livre dans la bibliothèque. Devo aimait dévorer tous les ouvrages passionnants de sciences, d’histoire ou bien de simples romans. La proximité de ses goûts de lecture et ceux de son père était énorme. Mais, à côté de la télévision flambant neuve avec projection holographique, la poussiéreuse bibliothèque dont l’imitation de bois commençait à s’effriter faisait un grand contraste.

Arthur revint avec le pavé « Histoire de France : de la Révolution Française à nos jours » qu’il tenait fortement. Il passa la main sur le haut puis le bas du livre pour enlever la poussière et ouvrit le livre vers les dernières pages. Arthur cherchait calmement, en prenant soin de toutes les pages tournées, une photographie de Rudolf Facia, le fondateur de la septième République, comme elle s’appelait officiellement.

Devo prit le bouquin que lui tendit Arthur et fixa durement la photographie, les yeux sortant des orbites. Son regard laissait de plus en plus paraître l’effroi, mêlé à une profond désarroi. Une sorte de panique commença à gagner l’ensemble de son corps. Devo finit par lâcher le livre et il passa violemment de manière très appuyée la main dans ses cheveux.

- Bon sang, mais elle vient d’où cette photo ?
- Mais Devo qu’est-ce qui se passe ?
- Dis-le moi hein ? Pourquoi est-ce de cet homme dont je rêve tous les soirs ? Bordel mais qu’est-ce que ça veut dire !

Devo se rua vers la salle de bains en manquant de trébucher sur le livre. Cela fait des années et c’est toujours la même chose, songea-t-il. L’exposition des prédécesseurs était omniprésente dans la France des Facia ; Devo avait sans doute déjà vu ce visage ailleurs que dans son rêve, l’ayant alors, on peut supposer, refoulé. Du plus loin qu’il puisse se souvenir, Devo a été depuis toujours sujet à un rêve récurrent qui s’imposait de fait comme très étrange. La journée il occupait sans doute trop souvent son esprit.

La scène se passait lors de la nuit noire, mais elle ne pourrait être aucunement située dans l’espace ou le temps. Un petit groupe de personne aux pouvoirs surnaturels, – que l’on pourrait peut-être attribuer à des Xenadags, mais puissants -, attaquait la ville en détruisant tous les bâtiments qu’il pouvait détruire, le plus souvent par incendies volontaires. Devo était très jeune dans ce rêve, peut-être même en bas âge. Il se souvient qu’il appelait à l’aide sa maman en courant dans tous les sens, dehors, à proximité de flammes. Puis une voix se faisait entendre. Elle appelait Devo comme on s’adresserait à un jeune garçonnet, et Devo reconnaissait, pour une raison inconnue, cette voix chaleureuse et rassurante. Devo courrait alors se réfugier dans les jambes de cet homme, guidés par la source du son quand il était appelé.

Une personne se faisait alors sentir qui se rapprochait de l’homme et de Devo. Il distinguait légèrement la silhouette de l’inconnu, qui volait dans le ciel ! Son air menaçant se confirmait lorsqu’il créait, d’un mouvement amples avec ses mains, une flamme qu’il pouvait alors faire propager à sa guise. Instinctivement, Devo détournait alors la tête du démon qui volait autour des deux personnes, et déposait son regard, ainsi rassuré, dans celui d’un grand adolescent, qui par sa seule présence chassait toutes les peurs. Cette personne était bien… Rudolf Facia.

Devo soupçonnait aussi la présence, dans cette scène, d’Alexandre Niheilton. C’était un enfant rencontré dans des circonstances quelque peu étranges… Lors de leur rencontre, les deux enfants avaient sept ans. C’était dans un parc, alors que son futur ami lisait un livre de mathématiques de niveau bien trop élevé pour son âge. Sa particularité était d’avoir un niveau intellectuel énorme. Alexandre disait avoir fui sa précédente famille qui utilisait son intelligence à des fins lucratives, mais ne révéla jamais comment. Il vivait dans une famille qui l’avait recueillie dans la rue, en plein milieu de la nuit. Alexandre n’avait rien révélé de plus sur son passé. C’était plus qu’une amitié, on pouvait plutôt parler de communion des esprits, ou même de réunification d’une seule et même personne. Une relation singulière entre deux enfants.

Devo et Alexandre se permettait mutuellement de sortir de leurs solitudes respectives.
Jusqu’à qu’il se jette dans le vide, à l’âge de douze ans.

Alexandre était encore plus particulier que cela. Au fil des années il fut bien forcé, par la force du temps, a révélé son secret. Il ne grandissait pas ni ne vieillissait. Il a emporté ses explications dans ses cendres.

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Chapitre I : La fuite

CHAPITRE I : LA FUITE

25 juin 2206

Un endroit souterrain sombre. Des traces d’humidité parcouraient les murs de pierres. Une femme était seule, âgée d’une cinquantaine d’années, marquée par la fatigue. Elle ne s’arrêtait pas de tousser. N’ayant plus qu’un pied attaché à ce crucifix, elle eut du mal à venir à bout de son dernier lien malgré l’aide d’une puissante magie. Elle était alors très penchée vers l’arrière et seule cette dernière corde, attachant à la croix son pied droit, la tenait en équilibre. Lorsque qu’un quart d’heure plus tard, elle réussit à enfin couper le lien, fait d’un matériau noir inconnu, elle tomba violemment vers l’arrière. Un garde fut alerté par le bruit et décida de rentrer dans la cellule. La vieille femme était désormais libre de ses mouvements, elle n’avait plus que ces cordes attachées au poignets et aux chevilles mais ce qui les rattachait au crucifix avait été coupé. Le garde eut à peine le temps de prendre le téléphone que son corps se retrouva projeté à l’autre bout de la pièce. La vieille femme poussa le deuxième garde avec son bras et se mit à courir avec la même vigueur qu’une personne de vingt ans. Des émetteurs disséminés partout dans le manoir commencèrent à lancer le signal d’alerte. Les sirènes se joignirent au tumulte.

« Appel à tous les membres se trouvant actuellement dans le manoir ! La prisonnière Diane vient de s’échapper de sa cellule ! Appel à tous les membres se trouvant actuellement dans le manoir ! La prisonnière Diane vient de s’échapper de sa cellules ! Vous avez tous carte blanche ! »

Un simple homme de main venait de s’écrier dans une sorte de talkie-walkie trouvé au pied du deuxième garde. Ni l’un ni l’autre ne semblait être morts. Cet appareil leur avait été confié en cas d’urgence pour pouvoir mobiliser tout le monde le plus vite possible. Toutes les forces disponibles étaient mobilisées. La femme était trop forte pour pouvoir la capturer une deuxième fois. Il fallait l’abattre. Mais elle écartait tout le monde sur son passage, comme de vulgaires insectes. Elle semblait être une puissante Xenadag.

Non loin de là, dans une immense salle, autour d’une grande table, la réunion de hauts cadres de l’organisation venait de s’interrompre. L’immensité et la beauté de la salle contrastait avec la cave humide dans les tréfonds du bâtiment. Des piliers d’un noir éclatant parcouraient les murs marines tapissés de motifs égyptiens antiques. Le plafond s’élevait à une hauteur de quinze mètres. Un grand vitrail ne laissait passer aucune lumière : dehors c’était la nuit noire. La tension était à son paroxysme au vu de l’expression de tous les visages présents. Seule leur puissance était attendue pour arrêter Diane.

- Mince ! S’affola Mirsch, A, la porte est verrouillée !
- Laisse-moi voir. Je pourrais la forcer.
Ce « A » essaya de forcer la porte. La force brute n’y faisait rien.
- Je crains avoir compris. Elle a intégrée un champ magnétique au mur du couloir pile en face de la porte, et également à la porte elle-même.
- Mais quand est-ce qu’elle a bien pu faire ça ?
- Je l’avais amené ici le jour de sa capture. Décidément, elle est vraiment rusée celle-là. J’aurais du… l’éliminer.

Une jeune femme, aux cheveux longs et bruns, s’avança et déposa sa tête sur « A », avec un léger sourire.

- Mais vous avez un atout, n’est-ce pas… A ?
- Quelle perspicacité dont tu fais preuve… Tu as compris qu’elle voulait informer le fameux garçon ? Mais nul n’a besoin de savoir ce qu’il s’est passé à l’époque…
- Fu fu fu…, ria-t-elle d’une curieuse manière, « Il » sera notre pièce maîtresse…

Diane prenait soin de ne tuer personne. Elle se demandait, néanmoins, pourquoi avoir de la pitié pour des criminels. Ou des esprits formatés ? Diane cherchait désespérément la sortie. Il ne fallait pas sous-estimer les hauts rangs de la bande. Le piège fonctionnerait-il longtemps ?

Par les émetteurs, le jeune Mirsch prit la parole pour s’adresser à Diane.

- Ici, Mirsch en personne. Celui qui t’a capturé. Nous avons compris ton piège de la porte, mais notre chef est encore en train d’analyser la raison pour laquelle nous ne pouvons traverser nos propres murs… Rien que pour ça, je voulais te dire… Mirsch esquisse un léger sourire … Bravo.

- Enfants stupides…, déplora Diane. Quoiqu’il advienne de moi, vous aviez déjà perdus, à cette époque…

Diane errait dans les couloirs et assommait sans mal tout ceux qui se mettait sur sa route. Personne ne semblait pouvoir contrôler quoique ce soit, elle était inarrêtable. Un homme avait un uniforme différent. Il s’avança doucement vers Diane.

- Je n’ai pas pu participer à la réunion des dirigeants.
- Parce que tu es malade… regarde ton état et pars, misérable!

L’homme agacé, fit un déplacement très rapide et se retrouva à l’arrière de Diane. Il utilisa sa dague pour tenter de blesser la captive qui elle était déjà prête à le frapper à la tête. Ceci fait il fut projeté sur le mur de pierre du couloir. Les autres étaient effarés et regardaient le combat sans oser intervenir. Diane s’avança et se pencha sur son adversaire.

- Je ne suis pas… kof kof… comme ceux que tu as rencontrés… pauvre inconsciente.

Il prit Diane par son col et pointa la dague entre ses deux yeux. Elle était désormais à peine à quelques centimètres de l’arme et esquissa malgré la situation un sourire. Son adversaire en fut agacé à la lui planter dans le crâne, mais Diane poussa subitement l’homme alors que la dague retombait à grande vitesse, la pointe dirigée vers le sol.

- Tu as crée… des champs électriques de charge opposée… dans la dague et sur le sol… et tu m’as poussé… pour ne pas me tuer? Petite sotte.
- Au revoir, j’ai à faire.

La vieille dame prit le vaincu et le jeta plus loin dans le couloir. Elle continua alors sa route. Une demi-heure plus tard, face à l’impuissance de ceux enfermés, elle parvient à s’échapper. Elle partit en destination inconnue. « Il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard !» pensait-elle!

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Bienvenue

Bonjour à vous noble pèlerin,

Je vous soumets ma toute première fiction en cours d’écriture et vous promet une immersion dans la France au début du XXIIIème siècle.

 

*

 

La France est en pleine année 2206.

Notre pays est depuis plus d’un siècle sous l’égide d’une féroce dictature baptisée sobrement « la VIIème République. L’idéologie qu’elle impose à la nation est le racisme contre cette nouvelle espèce apparue il y plus d’une centaine d’année : Les Xenadags, dotés de quelques pouvoirs surnaturels que ne possèdent pas les humains classiques. Mesures discriminatoires, interdiction de métiers, de lieux, rafles continues, vastes prisons et travaux forcés… L’histoire commence lorsque le chef d’Etat actuel Xilan Facia meurt, léguant le pouvoir à son fils Leito Facia, de seulement 18 ans.

Dans ce pays en proie à une montée des tensions, Devo Cagoulac est un des étudiants les plus brillants du pays, tout jeune bachelier. Mais en parallèle il est un des plus puissants Xenadags et tient, en secret de sa famille, une haute place dans l’Union Résistance Française, principale coalition anti-régime. Le nouveau pouvoir semble en vouloir à son père Arthur Cagoulac… Vraiment ?

Dans les évènements qui vont bouleverser sa vie, Devo Cagoulac va lever le voile de l’ »histoire officielle » et apprendre beaucoup de vérités parfois dérangeantes : sur les Xenadags, sur la grande « Tragédie de Paris » qui tua plus dix-millions de personnes il y a douze ans… Sur cette mystérieuse secte « la Congrégation de l’Organiste » Sur son propre passé, sur l’origine du monde…

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